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Publié le 18 décembre 2024

Awarded

Romance Berberat

'Nous travaillons sans accident depuis 135 jours', collection de diplôme (2010)

Design de mode

Rapport du jury

Première main
'Nous tra­vaillons sans ac­ci­dent de­puis 135 jours', le titre de la col­lec­tion de Ro­mance Ber­be­rat, n'est pas im­mé­dia­te­ment com­pré­hen­sible. Certes, il in­dique une re­la­tion avec le monde du tra­vail (dans les usines et les ate­liers dan­ge­reux, on compte les jours sans ac­ci­dent et on ré­com­pense les nou­veaux re­cords), mais il faut quelque ef­fort pour dé­cou­vrir ce qu'il en est de ces vê­te­ments usa­gés, à l'air dé­fraî­chi.
Tout d'abord: ce ne sont pas des vê­te­ments usa­gés. On le re­marque au plus tard lors­qu'on les prend en main: les étoffes sont de pre­mière qua­lité. En y re­gar­dant de plus près, on note que les cou­tures et les fi­ni­tions sont fa­çon­nées à la per­fec­tion. Voilà qui éveille l'in­té­rêt et per­met de com­prendre, petit à petit, le concept qui sous-tend cette col­lec­tion hommes.
Au dé­part de ce pro­jet, il y a l'in­té­rêt de Ro­mance Ber­be­rat pour la place du mau­vais goût dans le sty­lisme de mode contem­po­rain. Elle a donc vi­sité un haut-lieu de la mode simple et non rai­son­née: la cam­pagne. Dans son vil­lage ju­ras­sien d'ori­gine, elle a pris des pho­tos de son père et d'autres hommes dans leurs vê­te­ments de tra­vail. Elle a en­suite fait de même avec ce qu'on consi­dère comme le bas­tion du bon goût, la ville et ses ha­bi­tants.
Il en est ré­sulté une col­lec­tion qui part de ces vê­te­ments de tra­vail agri­cole ou in­dus­triel: la sty­liste a adapté leurs coupes à la mode contem­po­raine tout en conser­vant les co­lo­ris et les formes des mo­dèles de base. Les ove­ralls sont res­ser­rés en une ligne al­lon­gée, la veste XXL en laine po­laire se porte sur des jeans skinny et le ta­blier d'usine assez étroit sous un bla­zer cin­tré. Ro­mance Ber­be­rat adopte une dé­marche lu­dique et iro­nique pour trai­ter le thème du mau­vais goût et fait preuve d'une grande as­su­rance es­thé­tique et d'une belle ha­bi­leté en op­po­sant le re­gard ci­ta­din au na­tu­rel cam­pa­gnard. Une ques­tion mé­rite ré­flexion: le re­gard que les ci­ta­dins portent sur eux-mêmes re­lève-t-il né­ces­sai­re­ment du bon goût?
Anna Nie­derhäuser

Biographie

Romance Berberat
Né/Née en
1982
Formation
Fashion designer

Web